Marisa, danger public

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Marisa, danger public

Message par Sëth le Lun 16 Jan - 10:36

Nom : Marisa
Âge : 32
Race : Humaine
Taille : 1m71
Occupation : Danger public

Description physique : Marisa est une femme de taille moyenne, qui porte le plus souvent des vêtements de cuir renforcé sous une cape rouge. Elle a le teint plutôt pâle et les cheveux noirs. Elle est toujours armée (parfois d'un couteau ou d'une bouteille cassée, parfois d'une épée, parfois d'une arbalète, bref, du meilleur équipement qu'elle peut se procurer). Elle est agile et adroite, se déplace vite, semble souvent un peu nerveuse ou tendue.

Description mentale : Marisa est, pour ainsi dire, éprise de liberté. C'est clairement la description la plus positive qu'on peut faire de son attitude. Elle est complètement instable, aussi ouverte et amicale que violente et impulsive. Elle déteste les riches, les dirigeants, la hiérarchie, ce qui ne l'empêche pas d'avoir une certaine admiration pour l'impératrice de l'Ordre. Elle est constamment en quête de nouvelles personnes à entraîner dans des combines aussi futiles que dangereuses. Elle tend à causer du mal à tout ce qui passe à sa portée, volontairement ou pas.




Récemment...

Le Crapaud Crevé avait appareillé trois jours auparavant de son port d’attache, le quai secret de la Baie de Pignu, non loin de la ville de Naep. C’était un ancien vaisseau de guerre royal, utilisé par Raïana Azunel dans son assaut désespéré contre le continent lors du conflit qui avait mis fin à la dynastie des Roland, puis capturé par une bande de déserteurs. Passant de mains en mains, il était en fin de compte devenu l’un des derniers héritiers d’une tradition autrement plus longue que celle de la Marine Royale : celle des pirates qui s’étaient faits parasites de toutes les relations commerciales entre le Continent et les Îles.
  Le Crapaud avait pour capitaine le vieux Raz al-Isah, marin Minghellois, ancien du Gorgone et de la Voile Sanglante. C’était un homme d’expérience, qui avait passé le plus clair de sa vie sur les mers, tantôt comme pillard, tantôt comme mercenaire. Qu’une petite bande résolue de quelques vingt marins ait bien voulu le suivre et défier les lois impitoyables de l’Ordre et risquer la colère de l’Union dans l’espoir d’un bien mince enrichissement, c’était là un témoignage du respect dont il jouissait dans les milieux criminels.
  Cette fois, le Crapaud n’était pas parti en chasse : il avait été embauché pour transporter une cargaison vers l’île Hunt. C’était un contrat inhabituel. Le navire de Raz était imposant et plutôt lent, prévu pour le combat plutôt que pour la subtilité. Le client n’avait pas, semble-t-il, trouvé de meilleur vaisseau pour remplir cette tâche.
  Il s’appelait Jan, un jeune homme qui semblait tout juste entrer dans la vingtaine. Vêtu en permanence d’un bel habit d’aristocrate, à la mode Roland IV, il était clairement mal à son aise parmi les pirates, s’exprimait avec trop de retenue et de politesse pour attirer autre chose que leurs moqueries et semblait toujours un peu trop tendu. Al-Isah l’avait initialement envoyé paître, lorsqu’il lui avait dit qu’il n’avait pas de quoi payer ses services tout de suite, mais un coup d’œil dans les coffres que le gringalet voulait transporter de l’autre côté de la mer Mirène l’avait fait changer d’avis. Épices, drogues et artefacts magiques étaient au rendez-vous. Si l’acheteur que Jan voulait rejoindre sur l’île Hunt n’y était pas, ou si le jeunôt essayait d’escroquer l’équipage de quelque façon que ce soit, Al-Isah n’aurait qu’à s’emparer de la cargaison et la vendre soi-même pour prix de ses peines.

Le deuxième jour de la traversée avait été marqué par un imprévu. Une passagère clandestine avait été découverte dans les cuisines à la tombée du soir et maîtrisée par deux matelots. Bien que désarmée, elle leur avait donné du fil à retordre, se débattant comme une furie avant d’être finalement maîtrisée, ligotée et jetée dans une cabine vide qu’on ferma ensuite à clef. Une fouille de la cale permit de découvrir une épée courte du même type que celles utilisées par les milices du continent. Un premier interrogatoire sommaire ne révéla rien de probant.
  Jan fut secoué en apprenant la nouvelle. Pour lui, il ne faisait aucun doute que la clandestine était une espionne de l’Ordre, lancée sur ses traces, ce qui pouvait vouloir dire que ses activités avaient été découvertes. Al-Isah, lui, restait impassible. Il avait échappé à l’Armée royale, à Rochenoir, et, de ce fait, il ne craignait plus la moindre autorité, fût-ce même celle de l’Ordre. Le jour d’après, il invita cependant son passager à dîner dans sa cabine, avec son second et son quartier-maître, afin de discuter du sort de la prisonnière.

« Non, c’est hors de question! Si vous deviez l’exécuter, ce serait ma tête qui serait mise à prix! Vous ne pouvez pas comprendre : un brigand comme vous, sauf votre respect, sait comment ne plus tenir à sa vie. C’est tout comme un militaire de carrière. Moi, je ne puis me le permettre! »
  « D’accord, d’accord. On peut toujours la laisser partir, si c’est comme ça. »
« Non! Non, on ne peut pas, absolument pas! Elle ira faire son rapport, et je serai fait comme un rat! Je ne puis me le permettre! »
  « Et bah, alors, qu’est-ce que tu veux qu’on en f.. ! »
Le quartier-maître s’interrompit : une secousse violente venait de secouer le navire tout entier, soulevant la table de terre et faisant voler assiettes et ustensiles. Al-Isah se leva d’un bond et sortit au pas de course, faisant signe à ses officiers de le suivre. Il n’eût même pas un regard pour Jan, que l’impact avait jeté au sol.

« Capitaine! … Une … Une explosion dans la …  La cale! » Un marin essouflé apostropha presque aussitôt le capitaine.
  « Quoi.. ? Bon! Les dégâts? » Al-Isah, quoique surpris, dépassa le choc en quelques secondes à peine, réfléchissant    déjà à une issue.
« De l’eau! … Beaucoup! Si … Si on ne fait rien, on coule! »
  « Bon sang de Zandaros! Toi! » fît Al-Isah, apostrophant son second. « Organise les travaux! Dix hommes pour écoper, cinq pour les réparations! Plus vite que ça! »
  Le second partit aussitôt, au pas de course. Le quartier-maître et le marin ne se firent pas prier pour le suivre. Quant au capitaine, il revint dans sa cabine. La situation était probablement désespérée, et si c’était le cas, il devait préparer sa propre sortie, rapide et efficace.
  Courant à droite et à gauche pour rassembler ses possessions les plus précieuses dans un seul coffre de bois, Al-Isah remarqua à peine que Jan avait disparu.




Dans sa prison improvisée, la prisonnière attendait patiemment. De temps à autres, elle mimait le geste qui devait lui permettre de saisir la lame de rasoir cousue dans sa manche gauche, défaire ses liens de quelques coups habiles et se libérer. La manœuvre était parfaitement maîtrisée, et depuis longtemps, mais ces exercices répétés lui servaient à se rassurer et à passer le temps.
  Lorsque l’explosion retentit, il ne lui fallut qu’une vingtaine de secondes pour libérer ses mains. Le garde posté devant la porte de la cabine-prison jouait déjà de son trousseau de clefs. Dix secondes de plus pour libérer ses chevilles. Une clef qui tourne dans la serrure. Se remettre en position, cacher les liens coupés, au dernier moment. Attendre. Le martèlement des bottes sur le bois du plancher. Attendre. La main du garde sur son épaule, qui cherche à la retourner. Une détente rapide de ses jambes, un grand coup dans la gorge, sa main sur la bouche de l’homme, un nouveau coup dans la gorge, cette fois avec la lame. Attendre encore.
  Quand le garde cessa de s’agiter, la prisonnière se défit de ce qui restait de ses liens, s’empara du coutelas que le pauvre bougre avait encore à la ceinture, jeta un œil par la porte entre-ouverte et, voyant le terrain libre, sortir à l’air libre. Sa démarche assurée malgré les longues heures passées attachée, sur un plancher en bois, elle ne perdit guère de temps à repérer son complice.
  « Te voilà! » lança-t-elle au jeune homme. « Ça t’en a pris, du temps, merde! ».
« Il n’y a pas de quoi se plaindre » rétorqua Jan. « Tu es libre, non? Et j’ai ce qu’on voulait! »
  « Vrai! Bon, et maintenant, pour la sortie.. ? »




« Capitaine! Capitaine! Les canots ont été sabotés! » Un nouveau marin venait de héler Al-Isah, qui sortait tout juste de sa cabine. « Tous sauf un! »
  « NOM DE.. ! » Le minghellois blêmit quelque peu, mais ne se laissa pas dominer par la surprise. « Un seul, tu dis?  Qu’est-ce que tu dirais de sortir d’ici vivant? Bon, suis-moi, alors! »
  Le marin remercia les dieux. Si Al-Isah parlait comme ça, tout devait être perdu, et il aurait bien de la chance de s’en tirer vivant. Il suivit son capitaine, qui lui ordonna de saisir le coffre qu’il venait de remplir et de le suivre.
  S’approchant de l’endroit où devait se trouver le canot, les deux hommes constatèrent qu’il était déjà à l’eau : il venait d’être lâché, et l’échelle de corde qui devait permettre d’y accéder était déjà abaissée. Les deux coupables - le passager et la prisonnière -  étaient encore sur le pont. Lâchant le coffre, Al-Isah et l’autre pirate tirèrent leurs sabres.
  « J’aurais dû m’en douter! Tu as sacrément bien joué ton jeu, Jan, mais ça finit ici. »
Al-Isah s’avança sans la moindre hésitation, levant son sabre. Jan eut un mouvement de recul. La femme à ses côtés, elle, releva le défi, avançant à la rencontre du vieux pirate, coutelas en main. Déviant son premier coup de sabre, elle le repoussa d’un coup de pommeau dans le nez. Le marin qui accompagnait Al-Isah se jeta dans la mêlée; faisant un pas de côté, la prisonnière frappa sans merci le brigand, l’atteignant juste au-dessus de l’oreille. Il s’effondra.
  Al-Isah revint aussitôt à l’assaut. Une feinte lui permit de désorienter son adversaire, qu’il atteignit ensuite à la cuisse gauche du tranchant de sa lame. La prisonnière parvint à reculer, échappant à un troisième coup, mais posa bientôt un genou au sol, sa jambe ne soutenant plus son poids. Le capitaine s’avança, prudent, le sabre dressé.
  Il préparait son coup de grâce quand une douleur soudaine et intense lui fît lâcher son sabre. Il tituba en arrière, tâtant d’une main le carreau qui venait de l’atteindre en pleine gorge, puis bascula et ne bougea plus. Jan remit son arbalète de poing dans sa veste, puis alla aider sa complice à se relever. Le duo descendit tant bien que mal l’échelle de corde et entama sa fuite à la rame.




Le duo rama en silence et atteignit en quelques heures son refuge : une petite île, généralement sans intérêt, dont Jan avait découvert avant la mise en branle du plan qu’elle se situait à mi-chemin entre le continent et l’île Hunt. Dans leur fuite, ils mirent à profit un compas portatif volé par le jeune homme dans la cabine d’Al-Isah.
  Une fois la barque échouée sur la côte de l’îlot, puis hissée hors de portée de la marée à venir, le duo entreprit de parler affaires.
  « Eh bien! Ça ne s’est pas trop mal passé. Brastos me garde, je m’attendais à ce qu’ils nous mettent en pièces! »
« Allons! Quoi! Tu me connais pourtant, Jan, et tu devrais savoir qu’il faut me faire confiance. Je m’en sors toujours. » La complice du jeune homme marqua une pause. « Mes amis s’en sortent souvent. »
  « C’est vrai. Je ne sais pas comment tu fais, mais c’est vrai. » Jan eût un éclat de rire. « Pour un peu, je n’y croirais pas. Tu as vu sa tête quand je l’ai tué? Pauvre vieux, il ne s’y attendait pas le moins du monde! Ça lui apprendra à me sous-estimer. »
  « Tu es bon acteur, il faut dire. Le pauvre con ne pouvait pas savoir… »
« Tu ne t’en es pas mal sortie non plus. Bon, pas sans mal, c’est vrai, mais seule contre deux pirates! Et tu en as tué un d’un seul coup! Tu m’impressionnes toujours. »
  « Oui. C’est juste de la pratique… » Elle marque une pause, se tend un peu. « Tu as ce qu’on voulait? »
« Oui. »
  « Bon! Brave garçon, je savais que je pouvais compter sur toi. » Un mouvement de son bras, subtil. « Donne-le-moi maintenant. »
  Jan glissa la main gauche dans un pli de sa veste et en tira un anneau, terne et sans fioritures. « Le voilà. Je m’attendais à mieux. »
  Elle s’avança de quelques pas. « Il faut pas sous-estimer cette chose, surtout pas. Allez, donne. C’est le marché qu’on a conclu, non? » Son bras bouge encore, sa main se rapproche de son coutelas. Oubliée la blessure à la jambe qui avait semblé la mettre hors-combat sur le pont du Crapaud.
  « Et si… et si je le gardais, pour le moment au moins? » Jan sourit en coin, voyant la colère et l’impatience poindre dans les yeux de sa complice. « Qu’est-ce que ça changerait? »
  « Ça changerait que tu aurais dévié du plan. Tu sais bien que ça ne passera pas avec moi, Jan, alors pourquoi tu essaies? Sois un bon garçon et donne-moi l’anneau de Venin. » Elle fait un pas de plus, sa main désormais sur le manche du coutelas à sa ceinture.
  « Non. » Jan brandit soudain son arbalète de poing, la pointant sur la poitrine de sa complice.
Elle ricanne. « Tu sais quoi.. ? »
  « Quoi? » Il tique un peu. Qu’est-ce qu’elle a à rire? Elle a perdu, non?
« Tu es vraiment un amateur. » Elle dégaine.
  Il tire. Pas de claquement de corde. Pas de carreau qui fuse. Il n’a jamais rechargé son arbalète.
Elle avance résolument alors qu’il recule, incrédule. Elle lève son bras armé.
  « Marisa! Non! » Il supplie.
Elle abat la lame, une première fois, une deuxième, encore et encore.




« Pauvre bougre! Ça ne s’est pas bien passé, je suppose? »
  Bjorn le pêcheur, arrivé peu après avec sa petite embarcation et son équipage de trois hommes, savait que la magouille après laquelle il devait venir récupérer le duo sur l’îlot désert était risquée. Il ne s’attendait pas à un spectacle aussi désolant que celui qui l’attendait, cependant : le corps de Jan était mutilé de toutes parts, de la façon la plus sauvage qu’on pouvait imaginer.
  « Ils lui sont tombés dessus à dix… Il s’est bien battu, il a réussi à sauter dans la barque. On avait saboté les canons. J’ai pu ramer tranquille. Mais il n’y avait rien à faire pour lui. »
  Marisa eut un soupir, puis remit le compas volé par Jan au pêcheur.
« C’est triste qu’il ait crevé. Je l’aimais bien … Bon, en tout cas, tu pourras garder ça comme paiement. C’est bien fait, je parie que c’est d’origine Tiny. »
  « Qu’est-ce qu’on va faire du corps? » Bjorn prit le compas, le glissa dans sa bourse.
« On peut le laisser là. Si on le ramène sur le continent, les autorités vont poser des questions… et puis ça fera un bon repas aux mouettes. »  
  Marisa sourit. Le pêcheur tourna les talons, allant vers son embarcation. Elle le suivit.
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