Une petite après-midi de Lanjis

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Une petite après-midi de Lanjis

Message par Kelora le Mar 24 Jan - 19:11

Nous étions une de ces après-midi de Lanjis, une de ces rares où le soleil filtraient ces rayons au travers des nuages. Dans toutes les villes du monde, tout le monde en profitait, ces rares moments de paix.
La paix savait pourtant fort bien que les horreurs ne s'arrêtaient pas pour quelques rayons de soleils, que la Mort était toujours présente, rôdant à chaque endroit. La douleur illuminée par l'ardeur du Mal.
Et pourtant, pourtant ! Mère et fils se promenaient en toute quiétude, ils avaient décidé de passer l'après-midi ensemble car ils voulaient profiter de ces rares moments qui leur étaient offerts. Ils souriaient, se regardaient l'un l'autre, riaient de choses et d'autres. De ce lapin qui était tombé dans une butte de neige, de cet oiseau dont les plumes étaient ébouriffées.
Oui c'était, à n'en pas douter, une belle journée.
Ils était sur le chemin du retour, le soleil quittait lentement l'horizon, les nuages revenaient. Bientôt, ils retrouveraient les leurs. La mère, une Vulrek aux poils blanchâtres, signe de sa jeunesse éternelle lâchait des plaisanteries à mi-mot sur ce que diraient son fils et son mari en voyant qu'ils n'avaient rien fait de leur journée, quant à son fils, Ineril, disait qu'ils devraient bien plus en profiter parce que le temps passait décidément trop vite.
L'insouciance d'un instant.
Peut-être est-ce pour cela qu'ils ne virent pas l'ombre qui les suivait. Ils passèrent à côté d'une cabane abandonnée. Ineril, le fils, eût envie de la visiter.
- Peut-être trouverons nous de l'or !, disait-il.
Cela fit sourire sa mère, qui accepta, elle chérissait ces moments qui duraient une éternité. Elle savourait sa famille réunie de nouveau. Chaque instant était un cadeau, chaque instant était une revanche, chaque instant était aussi précieux que les premières larmes d'un enfant.
Ils entrèrent en poussant cette porte grinçante.
Ils n'en ressortirent plus, la Mort les suivait, le bonheur attendrait des jours meilleurs, le calme vient après la tempête, la douleur vient après le bonheur.
Peut-être Rouky aurait dû sentir quelque chose, peut-être n'aurait-elle pu rien faire.

Des secondes, des minutes, des heures, des années, des décénies plus tard. La Mort quitta la dernière demeure de leur vie.
Personne ne devrait être témoin de cela.
Le sang était partout, à présent, on ne pouvait marcher sans manquer de glisser. Le sol, visqueux et luisant réfractait la lumière avec une douceur inouïe, mais rien ne saurait jamais apporter assez de douceur en ce monde pour oublier cela.
La pièce était saturée d'une odeur de mort, des pourriture. Au centre de la pièce se trouvait Rouky, on ne pouvait encore la désigner avec ce nom, elle était trop loin de cela. Le corps se confondait au sol, mais émergeaient de ci, de là, des morceaux d'ivoire. Macabre spectacle du corps humain dans toute sa splendeur, sur ce corps, on ne voyait plus aucune marque de pelage ou de peau. A nu, mutilé, on ne voyait que la chair, les artères et les tendons qui jaillissaient là, comme uniques témoins de l'horreur dont ils avaient été victimes. Le corps de celle qu'on appelait Rouky, de celle qui par cette douce après-midi de Lanjis était réduit à un tas sanguinolent, misérable.
Si l'on parvenait à lever les yeux de ce spectacle, un autre bien pire encore sous des aspects, se présentait.
Crucifié au mur, une fronde qui avait appartenu à son père accroché à un croc de sa gueule se tenait fier et droit Ineril. La gueule baissée, les yeux révulsés.
Il avait subit le même traitement que sa mère, rasé, sans aucun poil. La peau subsistait sur son torse et son visage, comme si même la Mort elle-même, de sa grande faux, n'avait pas voulu lui faire subir cela. Sur ses membres aucune peau ne subsistait, la chair elle-même gisait à ses pieds, visqueuses, animée d'une vie et de mouvements, dernier vestige de ce qui avait habité le cœur de ce Vulrek. Entre ses jambes, tout était lisse, marque ultime de la déconsidération de la Mort envers le bonheur. L'on pouvait savoir que la mort avait été appelée, chérie, adorée, aimée après tant de traitements. Et si, de son corps, gouttait quelques gouttes, la mort avait été pour lui une libération, une extase comme personne n'en connaissait plus.
Ce macabre spectacle était à n'en pas douter une insulte à tout ce que la vie pouvait apporter.
Et pourtant, la cruauté n'avait aucune limite, car à bien observer ce corps crucifié, une chose était sûre et certaine.
Il vivait.

Plus tard, lorsqu'un passant alerté par l'odeur de sang, de pourriture et de mort les remarqua.. Aucun des corps n'avait bougé. Seulement, l'oeuvre d'art s'animait. Des mouches avaient élu domicile dans cette petite cabanne tranquille. Peu à peu elles avaient orné les ligaments, les tendons, les artères visqueuses. Des vers étaient apparus et gigotaient dans une danse macabre sur les corps de cette mère et de cet enfant. Ils venaient ronger tout ce qui dépassait, l'odeur était insoutenable. Les corbeaux frappaient aux vitres, en quête de ce banquet en période de Lanjis. Les corps pourrissaient, insensibles à l'amour qui avait vécu en eux, insensibles à la vie, insensibles à tout.
Le promeneur, eut le temps de ressortir pour rendre ses tripes ; les mêmes que celles qui ornaient le corps décharné de Rouky, sauf qu'à la différence elles étaient chaudement encore dans son corps. Il prévint la ville la plus proche, bientôt ce massacre se fit entendre dans toutes les chaumières de chaque ville de l'Ordre.

Kelora
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